Bien-être territorial : des citoyens et citoyennes profitant du soleil sur les pelouses d'un parc public
Publié le 03.03.26 - Temps de lecture : 3 minutes

Le bien-être territorial, un nouvel outil de planification

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Dans un contexte de transformation accélérée du modèle urbain, de nombreuses collectivités s’appuient sur la notion de bien-être territorial pour concilier qualité de vie et respect des limites planétaires.

À RETENIR

  • Le bien-être territorial émerge comme un outil de planification permettant aux collectivités de concilier qualité de vie et respect des limites écologiques, en dépassant les indicateurs traditionnels tels que le PIB.
  • Cette approche combine données objectives (mobilité, espaces verts, accès aux soins) et ressenti des habitants afin de hiérarchiser les actions publiques et mesurer leur impact dans le temps.
  • À Lille, la démarche s’articule autour de trois axes : expériences vécues et attachement au territoire, qualité des relations sociales, et accès aux services essentiels, avec des projets concrets co-construits avec les citoyens.
  • D’autres territoires comme Grenoble (IBEST), Figeac (Bonheur Local Brut) et Bordeaux développent des indicateurs similaires, contribuant à une nouvelle culture politique centrée sur l’humain, la résilience et la transition écologique.

En complément des indicateurs classiques, comme le PIB, le bien-être territorial articule vivre ensemble, rapport à la nature, enjeux sociaux, dynamisme économique et participation démocratique, offrant ainsi une perspective plus large que d’ordinaire. À Lille, mais aussi à Bordeaux, Figeac ou encore Grenoble, cette approche systémique vise à offrir à chaque administré la possibilité de satisfaire ses besoins fondamentaux et de se sentir bien là où il vit alors que l’urgence climatique impose de limiter l’artificialisation des sols et la consommation de ressources.

Le bien-être territorial, un levier pour mener à bien les transitions

« Le bien-être territorial doit permettre à tous les habitants de mener une vie épanouie. C’est la rencontre entre les besoins des populations et ce que le territoire peut leur offrir » explique Bérénice Thouin, chargée d’études et pilote de la démarche Bien-être territorial à l’Adulm (Agence de développement durable et d’urbanisme de Lille Métropole).

Pour y parvenir, il faut renouveler en profondeur les indicateurs, les repères et les récits collectifs du développement pour réconcilier qualité de vie et durabilité. Pour ce faire, cette nouvelle boussole de l’action locale associe des données objectives, comme le temps de trajet domicile/travail, le nombre de m² d’espaces verts, ou le taux de vacance médicale, au ressenti des habitants, comme le sentiment d’insécurité ou la satisfaction vis-à-vis des services publics.

 « Nous travaillons autour de trois axes d’amélioration. Tout d’abord, les expériences vécues par les administrés et le lien qu’ils tissent avec le territoire. Ensuite, les relations sociales, les rencontres, le partage. Enfin, l’accès aux services, le logement, la mobilité, l’alimentation, les soins, l’éducation, la culture. » précise Bérénice Thouin.

Parmi les chantiers envisagés à Lille, tous discutés en concertation avec les habitants, on peut citer la création de continuités piétonnes et cyclables, la végétalisation de quartiers très minéraux, ou encore le développement de services de proximité dans les secteurs mal desservis.

En partant des données du terrain, le bien-être territorial permet ainsi de hiérarchiser les actions à mener pour améliorer concrètement la qualité de vie, tout en offrant la possibilité de suivre l’impact réel des politiques menées dans le temps. Pour autant, cette approche est encore nouvelle. « Il faut davantage prendre en compte les indicateurs humains dans les outils d’évaluation et de mesures du développement territorial, ce qui nécessite des adaptations. A Lille, nous avons pu bénéficier des travaux antérieurs développés à l’échelle de l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais avec l’économiste Florence Jany Catrice comme l’indice de santé sociale. Ça a été une vraie richesse pour la démarche.  » commente Bérénice Thouin.


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Des démarches similaires ailleurs en France

La métropole lilloise n’est pas un cas isolé. À Grenoble, la municipalité a mis en place l’indicateur de Bien-Être Soutenable Territorialisés (IBEST). Cette démarche collective, qui réunit des professionnels des politiques publiques, des chercheurs, et des habitants vise à articuler écologie, innovation et inclusion pour rendre la métropole plus agréable à vivre. À Figeac, dans le Lot, c’est la notion de Bonheur Local Brut qui permet désormais de penser la transformation du territoire à partir de ce qui compte vraiment pour celles et ceux qui y vivent.

À Bordeaux, le bien-être fait partie d’une nouvelle matrice de développement alternatif, en complément des circuits courts et de l’économie sociale et solidaire, qui vise à lutter contre les externalités négatives des métropoles, la pollution, la congestion, la consommation de masse, le coût du logement…  « Nous échangeons beaucoup avec Bordeaux. L’année dernière, ils ont lancé l’enquête « Bien vivre en Nouvelle-Aquitaine », ce qui leur a permis de collecter un grand nombre de données à partir desquelles ils vont pouvoir répondre aux attentes des habitants » précise Bérénice Thouin.

Toutes ces initiatives territoriales sont présentées sur le site de Cap Bien Vivre, réseaux d’acteurs et centre de ressources.

Encore en construction, ces nouveaux indicateurs sont en train de façonner une nouvelle culture politique centrée sur l’humain, la résilience et l’intérêt collectif. Ils offrent à la fois un horizon de développement soutenable, un cadre de dialogue avec les habitants et un outil opérationnel pour transformer les territoires et mieux les adapter à la crise climatique à partir de l’expérience des populations.

Envies de ville : des solutions pour nos territoires

Envies de ville, plateforme de solutions pour nos territoires, propose aux collectivités et à tous les acteurs de la ville des réponses concrètes et inspirantes, à la fois durables, responsables et à l’écoute de l’ensemble des citoyens. Chaque semaine, Envies de ville donne la parole à des experts, rencontre des élus et décideurs du territoire autour des enjeux clés liés à l’aménagement et à l’avenir de la ville, afin d’offrir des solutions à tous ceux qui “font” l’espace urbain : décideurs politiques, urbanistes, étudiant, citoyens…

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