
« Le rôle des élus locaux s’accentue »
Hugo Biolley maire de Vinzieux
Réélu en mars dernier à la tête de Vinzieux, petite commune rurale du nord de l’Ardèche, Hugo Biolley aborde ce nouveau mandat avec une ambition intacte. Élu maire pour la première fois à seulement 18 ans, il entend aujourd’hui capitaliser sur l’expérience acquise pour poursuivre la transformation du village.
À RETENIR
- Hugo Biolley, réélu maire de Vinzieux, aborde son second mandat avec davantage de sérénité et d’expérience, dans un contexte où le rôle des élus locaux se renforce.
- Son premier mandat a permis de revitaliser le village en rouvrant un commerce et en créant un espace multifonctionnel favorisant la vie sociale.
- Des initiatives participatives, comme des chantiers citoyens et l’aménagement d’espaces publics, ont contribué à recréer du lien entre habitants.
- Les priorités actuelles portent sur la gestion du quotidien, l’aménagement du bourg, la mobilité et l’adaptation du logement aux évolutions démographiques.
Dans quel état d’esprit abordez-vous ce nouveau mandat ?
Hugo Biolley : Je suis déterminé. Quand on entame un deuxième mandat, on est forcément plus serein que pour le premier. On maîtrise mieux les rouages, les partenaires, l’organisation de la mairie. On part en quelques sorte avec plusieurs longueurs d’avance. Et puis il reste beaucoup à faire pour continuer à faire vivre le village. Dans un contexte de crise, on voit bien que le rôle des élus locaux prend de plus en plus d’importance.
Quels projets avez-vous menés à Vinzieux ces dernières années ?
Hugo Biolley : Vinzieux, c’est un village d’environ 550 habitants, à la fois proche de bassins d’emploi mais aussi assez isolé. Pendant longtemps, il n’y avait plus de commerces, ni d’école. Il y avait un risque qu’il devienne un village dortoir. On s’est battus contre ça. On a réhabilité des bâtiments pour rouvrir un commerce, et créé un espace de vie qui fait à la fois salle des fêtes, mairie et maison des associations. Aujourd’hui, il est occupé tous les jours. Ça recrée de la vie.
À lire aussi
- Florian Bercault : « Je suis un maire rénovateur, plutôt qu’un maire bâtisseur »
- Trame verte, trame bleue, trame noire… Trois espaces naturels que toutes les villes devraient intégre
Vous avez aussi développé des initiatives plus ponctuelles pour recréer du lien…
Hugo Biolley : Oui, par exemple un chantier convivial. Pendant une semaine, des habitants ont participé à la création d’un espace public. Le village est coupé en deux par une colline, donc on a installé du mobilier urbain comme des bancs publics, des bains de soleil à mi-distance pour recréer du lien. Ce sont des projets simples, mais très structurants socialement. On va d’ailleurs renouveler l’expérience.
Quelles sont les priorités de ce second mandat ?
Hugo Biolley : Il faut commencer par le quotidien. Stationnement, circulation… Si on ne gère pas ça, on ne peut pas porter de grands projets. Ensuite, il y a l’aménagement du bourg, avec des espaces publics à repenser.
On a aussi un sujet important autour du parcours résidentiel. Nous sommes en train d’acquérir une parcelle pour accueillir des seniors ou des jeunes, la réflexion est encore en cours. Les habitants attendent des services à 15 ou 30 minutes de chez eux, donc il faut recréer des bassins de vie. Cela passe aussi par la mobilité.
Sur le logement, nous ne sommes pas en tension. 80 % des habitants sont propriétaires. La population est plutôt jeune aujourd’hui, mais elle va vieillir. Les structures familiales évoluent, et des logements adaptés à tous devenir un vrai sujet dans les années à venir.
Vous avez été élu très jeune, à 18 ans. Qu’est-ce que cette expérience a changé dans votre manière d’exercer ?
Hugo Biolley : J’ai du mal à faire la part entre ce qui relève de la jeunesse et ce qui tient à mon caractère. Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai toujours voulu être utile. J’ai trouvé dans cette fonction un espace où je pouvais vraiment m’investir. Mon approche, c’est d’aller au bout des projets. Quand je crois en une idée, je mets tout en œuvre pour qu’elle se réalise. Le rôle d’un élu, c’est de rendre possible ce qu’on pensait impossible.



