Publié le 04.10.22 - Temps de lecture : 2 minutes

Face à l’inflation, les ressourceries, une solution écologique et économique pour les territoires

En permettant le réemploi d’objets encore fonctionnels, les ressourceries participent à un modèle plus vertueux en matière de limitation des déchets et d’économie circulaire. Mais elles permettent aussi aux villes de donner accès à des biens vendus pour une fraction de leur prix d’origine, un atout non négligeable alors que tous les postes de dépenses augmentent pour les administrés.

Au mois de septembre, l’inflation générale a atteint 5,6 % sur un an selon les données de l’Insee. Et la hausse est encore plus forte sur les produits alimentaires, ou elle est plus proche de 10 %. Sur certaines catégories, les étiquettes ont même grimpé de 30 % comme sur les pâtes ou le riz, sans parler du prix de l’huile qui a plus que doublé. À cela s’ajoute la hausse générale des prix de l’énergie (électricité, gaz), alors que le besoin de chauffage va aller grandissant. Tout comme l’augmentation des taxes diverses et variées qui viennent grever les revenus des ménages. En clair, le coût de la vie augmente vite, très vite, alors que l’évolution des revenus ne suit pas la même courbe. Comment donc faire face à ces dépenses quasiment incompressibles ? A l’échelon des communes, plusieurs leviers peuvent être activés. Comme celui de modérer, voire de ne pas recourir à la hausse des taxes locales. C’est par exemple le choix qui a été fait par l’équipe municipale d’Epinay-sur-Seine (93), ou la fiscalité locale n’a pas changé depuis près de 20 ans.


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Une autre solution permettant de mieux gérer son budget est apparue au cœur des villes, avec la multiplication des ressourceries. Également appelées recycleries, ces lieux de collecte implantés permettent le réemploi et la revente d’objets qui étaient destinés à être jetés (meubles, décoration, vêtements, électroménager, etc.). De quoi sensibiliser les citoyens et citoyennes à la surconsommation et à la réduction des déchets, le tout à travers la vente d’objets à prix solidaires. Ce qui permet de concilier gain écologique, mais également économique pour les foyers. Toujours à Epinay-sur-eine, une ressourcerie a ainsi vu le jour en début d’année, dans un local qui permet aux différentes entreprises et initiatives de la ville de venir valider leur concept. « Créer cette ressourcerie est quelque chose de primordial, car cela permet le réemploi. Pour l’instant c’est une ressourcerie éphémère, mais nous cherchons à la pérenniser pour en faire une activité économique permanente, et offrir du choix sur la deuxième main en matière de meubles, de vêtements, etc. » explique ainsi Eugénie Ponthier, adjointe au maire d’Epinay-sur-Seine.

Ce modèle séduit d’ailleurs de plus en plus de villes de toutes tailles. Le Réseau national des ressourceries et recycleries compte à ce jour environ 180 adhérents (pour autant de sites) dans toute la France. Et le phénomène se développe rapidement, touchant des petites communes comme des grandes villes (Abbeville, Lisieux, mais aussi Bordeaux, Le Havre, Paris, etc.), avec des ouvertures recensées toutes les semaines. Les avantages pour les particuliers en termes de prix, se doublent d’avantages qui profitent également aux villes. « Tout déchet qui n’est pas évacué représente un coût financier en moins pour la collectivité. Au final nous rendons service au habitants, et nous réduisons nos déchets » poursuit Eugénie Ponthier. Le réemploi permet aussi de créer… des emplois, locaux et non délocalisables. À l’heure où la question de la gestion des ressources revient sur le devant de la scène, ce type d’initiative marque des points. En septembre, la Métropole de Montpellier et ACM Habitat ont ainsi présenté un projet « Mon Appart’ Eco ». Un appartement témoin qui donne des solutions afin de réaliser des économies d’énergie, et former aux écogestes. Outre les conseils sur la bonne gestion du chauffage, ou l’extinction des appareils en veille, le rôle du réemploi a aussi été mis en avant, puisqu’une partie de la décoration, du textile ou de la vaisselle est issue du réseau des ressourceries de l’association Gammes, acteur de longue date de l’action sociale à Montpellier. Avec une consommation responsable, Gammes entend montrer qu’il est possible d’équiper entièrement son logement pour 2 230 euros. Une somme bien plus modeste que pour l’achat de produits neufs.

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