Publié le 05.07.19

Quelle gestion intelligente des déchets pour nos villes ?

Chaque année en France, un habitant produit plus de 500 kg de déchets : plus que jamais, la gestion de nos ordures ménagères est au cœur des préoccupations actuelles. Face à l’urgence écologique, la gestion intelligente des déchets est désormais une nécessité. Comment les villes innovent-elles pour gérer intelligemment leurs détritus ? Quels outils permettent de réduire les déchets et de mieux les traiter ? Éclairage.

Réduire l’empreinte environnementale des villes, diminuer le volume d’ordures, augmenter les taux de tri et de recyclage, limiter l’énergie nécessaire à la collecte des déchets. Autant de défis que chaque Collectivité doit régler à sa manière. Selon la Banque Mondiale, la planète produit 2,01 milliards de tonnes de déchets urbains solides chaque année. Á l’échelle mondiale, seulement 13,5% des déchets sont recyclés et 5,5% des ordures sont compostées. Des chiffres alarmants qui ne vont pas en s’améliorant au fur et à mesure que la population s’accroît. Pourtant, il est encore possible d’inverser la tendance.

La collecte intelligente : nouveau maillon de la smart city

La « smart city » est une ville connectée, durable qui place la technologie au service de la qualité de vie de chaque habitant. La gestion des déchets apparaît ainsi comme une composante essentielle de cette ville intelligente. Et à ce niveau, les challenges sont nombreux. D’une part, les municipalités doivent améliorer le taux de tri et de recyclage. D’autre part, elles doivent aussi optimiser la collecte des déchets et l’énergie nécessaire. Pour jouer sur ces deux aspects fondamentaux, les villes rivalisent d’inventivité et d’innovation.

L’éco-quartier de Clichy-Batignolles propose depuis 2014 une nouvelle méthode de collecte, via un réseau pneumatique souterrain. Chaque résident jette ses déchets dans un conteneur adapté et ces derniers sont envoyés directement au centre de tri par des tuyaux sous terre. Les multiples trajets en camion pour acheminer ces détritus sont ainsi remplacés par une alternative plus écologique et plus économique. Cette idée née en Suède a déjà conquis de nombreuses villes. Plus de 750 installations existent à travers le monde, à Copenhague, Barcelone ou encore Londres.

Si cette technique ne peut pas être reproduite dans tous les environnements, chaque ville adopte ses propres mesures et fait preuve d’initiatives. Montpellier propose par exemple des composteurs pour inciter les habitants à recycler leurs déchets organiques. De nombreuses municipalités ont, quant à elles, pris le pli des bacs connectés. Ces systèmes intelligents permettent de réduire le nombre de points de collecte et d’optimiser les trajets. Les services municipaux sont ainsi avertis en temps réel lorsqu’un conteneur doit être vidé. En France, Tours, Chinon ou encore Orléans ont déjà adopté cette nouvelle gestion des déchets, à l’instar des métropoles comme New York, Chicago ou Los Angeles.

Encourager l’effort collectif pour réduire les déchets

Mieux gérer les ordures ne revient pas seulement à optimiser leur collecte : le problème doit être traité à la source. Chaque habitant doit prendre conscience des enjeux écologiques et diminuer le nombre de déchets qu’il produit. Là encore, les villes ont de nombreuses idées pour encourager les citadins et les rallier à la vague « Zéro Déchet ».

À Besançon, c’est la redevance incitative qui a permis depuis 2008 de réduire le poids des déchets de 30%. Le principe est simple : les conteneurs de chaque foyer sont équipés d’une puce pour peser et enregistrer le volume de détritus. La taxe sur les ordures ménagères est ensuite calculée en fonction de ces informations. Cette pratique s’est étendue à 190 collectivités en France et continue de gagner du terrain.

Pour aller encore plus loin, la toute première ville sans poubelle a vu le jour en 2018 en France. Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, a supprimé toutes les poubelles de ses rues, pour inciter les habitants à ramener leurs déchets chez eux et à mieux les trier. Après la redevance incitative sur la collecte des déchets, cette mesure a permis de réduire de 19% le volume total d’ordures.

Milan, la bonne élève

La capitale économique italienne fait office de modèle dans la gestion des déchets. Aujourd’hui, elle recycle 66% de ses ordures ménagères et est ainsi devenue la première ville européenne à dépasser le seuil des 50%. Comment la ville italienne est-elle parvenue à un tel résultat ? Les actions mises en place sont nombreuses. Poubelles connectées, sacs plastiques bannis des écoles, compostage… Milan porte aussi une attention toute particulière au recyclage et réutilise une grande partie de ses déchets pour fournir de l’électricité et de la chaleur aux habitants. En continuant en si bon chemin, la ville atteindra peut-être un jour le chiffre record de San Francisco, affichant un taux de recyclage de 80%.

Certains promoteurs s’emparent du sujet et s’associent à des plateformes de réemploi de matériaux de construction, comme Cycle Up*, afin de favoriser la mise en œuvre du réemploi des produits et matériaux issus des chantiers de démolition et d’identifier des repreneurs en vue de leur offrir une seconde vie. C’est déjà le cas de Nexity sur le territoire du Grand Paris, qui vient d’y initier ce partenariat.

 

*Cycle Up est une société innovante spécialisée dans le réemploi des matériaux de construction. En accès libre pour tous les professionnels, la plateforme cycle-up.fr a été conçue pour faciliter la rencontre entre l’offre et la demande en matériaux de réemploi, en mettant en relation les acteurs de la filière : propriétaires, maîtres d’ouvrage, architectes, ingénieurs, démolisseurs et constructeurs. Cycle Up propose également une gamme de services de conseil, diagnostic et expertise, afin d’aider vendeurs et acheteurs à valoriser au mieux leurs ressources inexploitées. Cycle Up s’inscrit par ailleurs dans une logique de développement social et territorial, en proposant aux entreprises locales et aux sociétés d’insertion de devenir partenaires pour développer des prestations dédiées.