Publié le 07.11.19

Strasbourg, le choix de la nature et de la biodiversité en ville

Strasbourg a la réputation d’une ville où il fait bon vivre. Et pour cause : la métropole fait figure de référence dans l’UE en termes de performance environnementale. Découvrez le premier volet de notre dossier consacré à l’une des villes les plus attractives de France. 

Des programmes concrets pour l’environnement urbain

Mis en place dans différentes grandes villes de France (Paris, Lyon, Montpellier, Toulouse, etc.), le programme EcoCité s’est imposé à Strasbourg pour dessiner les lignes d’une ville durable. Cette initiative, portée entre 2010 et 2014 et qui continue d’essaimer, vise à redonner à la ville un aménagement plus intelligent. Celui-ci doit ainsi permettre aux habitants et visiteurs d’avoir accès à toutes les commodités en centre-ville et de se rapprocher des transports en commun. Il est aussi un socle important pour la mobilité verte, notamment via les pistes cyclables, et les espaces de nature au cœur de la ville et de ses environs.

L’Eurométropole de Strasbourg a traduit ces initiatives par une densification du cœur métropolitain et des secteurs proches des stations de tramway. Cela a notamment pour effet de rapprocher l’habitat de l’emploi et par conséquent de réduire les trajets en voiture et donc les émissions de carbone.

Il s’agit aussi de végétaliser le centre-ville et de valoriser la nature à l’intérieur de la ville et tout autour : parcs, jardins, coulées vertes, offrant alors une meilleure qualité de vie aux Strasbourgeois. Lesquels participent d’ailleurs directement à la végétalisation de la ville à travers le programme « Strasbourg, ça pousse », en prenant en charge l’entretien d’un petit jardin, d’un pied d’arbre ou en végétalisant une façade, tout en étant accompagnés dans leur projet.

La biodiversité, un enjeu fondamental pour Strasbourg

Riche d’un patrimoine naturel important, Strasbourg le préserve à travers de nombreux espaces verts et l’aménagement de friches industrielles afin de les transformer en parcs, à l’intérieur de la ville. Ces zones devenues accueillantes pour la faune et la flore sont aujourd’hui le repaire des insectes qui viennent butiner et le lieu de croissance d’arbres fruitiers et de plantes locales.

Toujours dans cet objectif, Strasbourg implique les spécialistes et scientifiques, afin de créer des inventaires des différentes espèces (faune et flore). Elle fait également participer les habitants par le biais de campagnes et d’ateliers de sensibilisation. La communauté urbaine a par ailleurs édité un livret d’une centaine de pages intitulé « Pour plus de biodiversité, plantons local ! » avec des informations foisonnantes sur les espèces et des conseils à destination de tous et, en particulier, des aménageurs, gestionnaires et propriétaires fonciers.

Pour parvenir à maintenir et à faire prospérer sa biodiversité, Strasbourg collabore également avec les mairies des communes avoisinantes, parmi une cinquantaine d’acteurs privés et publics (d’Emmaüs à la Poste, en passant par Puma, Leroy-Merlin et l’ENA) qui soutiennent la végétalisation et la préservation des espaces naturels. Pour eux, cela se concrétise dans différentes actions (ou non-actions), notamment dans le choix de leurs implantations, de sorte à respecter la charte. C’est ainsi que Strasbourg a été élue en 2017 « Meilleure grande ville pour la biodiversité ».

Anticiper la menace du changement climatique

En 2014, un rapport de l’ADEUS (l’Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération strasbourgeoise) alertait déjà sur les îlots de chaleur à Strasbourg. L’agence préconisait alors une politique de végétalisation, qui a été suivie d’effets. De plus, ces dernières années, les périodes de canicule ont durement touché la métropole européenne, avec des températures souvent plus élevées dans cette partie de la France, et qui se prolongeaient plus longtemps que dans le centre. Les lieux naturels de fraîcheur, parcs, rues et cours d’immeubles arborées, sont donc autant d’éléments essentiels au bien-être de la population.

Le changement climatique signifie aussi pour Strasbourg des risques d’inondation et de coulées de boue, comme cela arrive fréquemment dans le Sud de la France, avant que cela n’atteigne le centre puis l’est. Pour anticiper ces risques et freiner les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de l’agglomération, Strasbourg a signé une charte de l’aménagement et de l’habitat durable, regroupant l’ensemble des acteurs du secteur (promoteurs, bailleurs, communes).

En 2016, la métropole a en outre renforcé son arsenal environnemental à travers son PLU (plan local d’urbanisme) fixant un objectif principal : toutes les nouvelles constructions doivent baser leur consommation énergétique sur au moins 30% d’énergies renouvelables. Plus encore, Strasbourg vise l’autosuffisance énergétique à l’horizon 2050. Quant au plan climat 2030 de l’Eurométropole, il attend une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. La tâche est immense et Strasbourg s’y emploie.

Au cœur de l’Europe, à la frontière de l’Allemagne, Strasbourg et toute son agglomération travaillent en continu pour apporter la nature en ville. Elles s’engagent en permanence dans des objectifs ambitieux de normes environnementales, de végétalisation des espaces urbains et d’implication de la population, avec des résultats à la clé. Par ricochet, Strasbourg donne l’exemple aux autres métropoles européennes. En 2021, elle pourrait même remporter le prix de la « Capitale verte européenne », si elle surpasse Lille, et Lahti en Finlande, aussi en lice.